Lorsqu’on prépare ses prochaines vacances, le réflexe est généralement de chercher une nouvelle destination. Un pays encore jamais visité, une ville à ajouter à la liste ou une région dont les paysages nous font envie depuis plusieurs années. Avec le nombre d’endroits que l’on aimerait découvrir, retourner volontairement quelque part peut presque donner l’impression de perdre une occasion.
Pourtant, certains de nos voyages les plus agréables sont aussi ceux où nous connaissions déjà une partie du terrain. Sur Pourquoi Pas Nous, nous partageons beaucoup de premières découvertes, mais revenir dans une destination permet souvent de l’explorer d’une manière complètement différente : moins d’incontournables, davantage de temps et surtout beaucoup moins de pression pour essayer de tout voir.
Un deuxième voyage ne consiste finalement pas à refaire le premier. Il commence justement là où celui-ci s’était arrêté.
Le premier séjour est souvent consacré aux incontournables
Lorsqu’on arrive pour la première fois dans une destination, il paraît assez logique de commencer par ce qui fait sa réputation.
À Rome, difficile d’ignorer le Colisée. À Amsterdam, les canaux et les grands musées occupent naturellement une partie du programme. Autour du lac de Côme, les villages les plus connus donnent immédiatement envie d’être découverts.
Ces visites sont populaires pour une raison et vouloir absolument les éviter sous prétexte qu’elles sont touristiques aurait peu de sens.
Le problème apparaît surtout lorsque le séjour est court.
Les incontournables remplissent rapidement les journées et il reste peu de temps pour les quartiers secondaires, les petites randonnées ou les endroits repérés en discutant avec quelqu’un sur place.
Au moment du retour, la liste des choses que l’on aurait aimé faire est parfois presque aussi longue qu’avant le départ.
C’est justement cette liste qui peut devenir le point de départ du voyage suivant.
Ne plus avoir besoin de tout voir change le rythme
Lors d’une seconde visite, une partie des grandes cases est déjà cochée.
Il devient beaucoup plus facile de passer devant un monument connu sans ressentir le besoin d’y retourner.
Cette liberté modifie immédiatement le programme.
Une matinée entière peut être consacrée à un marché. Une petite ville située en dehors du circuit traditionnel mérite soudain le déplacement. On peut retourner dans un quartier apprécié la première fois simplement pour s’y promener.
La journée n’a plus besoin d’être optimisée autour des principales attractions.
Et surtout, manquer une visite devient beaucoup moins important.
Ce changement paraît anodin, mais il permet souvent de profiter davantage de la destination.
Retrouver des endroits que l’on avait aimés
Revenir quelque part permet aussi de retrouver quelques repères.
Un restaurant, une rue, une plage ou un café peuvent devenir des étapes auxquelles on tient réellement.
Cela ne signifie pas vouloir reproduire exactement le premier voyage.
Retourner dans un endroit apprécié apporte plutôt une forme de continuité.
On compare involontairement nos souvenirs avec ce que l’on retrouve plusieurs années plus tard. Le quartier a parfois changé. Le restaurant existe toujours ou a disparu. Une plage semble plus fréquentée que dans notre souvenir.
Ces différences font elles-mêmes partie du voyage.
Et lorsqu’un lieu est exactement comme on l’avait gardé en mémoire, le plaisir de le retrouver peut être presque aussi fort que celui de le découvrir.
Changer de saison pour découvrir une autre destination
Revenir ne signifie pas nécessairement retrouver les mêmes conditions.
Choisir une autre période de l’année peut transformer complètement l’expérience.
Une ville découverte sous le soleil de juin n’a pas la même atmosphère en décembre. Une région de montagne visitée en été change entièrement de visage lorsque la neige arrive.
Même les activités disponibles évoluent.
Un séjour estival peut être consacré aux plages et aux longues journées dehors, tandis qu’un second voyage en automne laisse davantage de place aux randonnées, aux restaurants ou aux visites culturelles.
Changer de saison constitue donc une bonne manière de revenir quelque part sans avoir l’impression de refaire le même voyage.
Choisir un autre quartier où dormir
L’hébergement influence énormément la perception d’une ville.
Lors d’un premier séjour, on cherche généralement à dormir près du centre et des principales attractions.
C’est logique : lorsque l’on ne dispose que de quelques jours, limiter les transports facilite les visites.
La deuxième fois, choisir un autre quartier devient beaucoup plus intéressant.
On découvre de nouveaux restaurants, une autre ambiance le soir et parfois un quotidien complètement différent.
Le quartier dans lequel on dormait précédemment peut même devenir un simple lieu de passage.
Cette stratégie fonctionne particulièrement bien dans les grandes villes.
Changer de base donne presque l’impression d’avoir choisi une nouvelle destination tout en conservant l’avantage de connaître déjà son fonctionnement général.
Partir davantage vers les alentours
Le premier voyage se concentre souvent sur le cœur de la destination.
Le deuxième permet d’élargir la carte.
Depuis une capitale, cela peut prendre la forme d’une excursion en train vers une petite ville. Dans une région parcourue en voiture, on peut choisir une autre rive, une vallée différente ou une route volontairement laissée de côté la première fois.
Les environs permettent aussi d’ajouter davantage de nature à un séjour initialement très urbain.
Une journée de randonnée ou une excursion sur la côte crée un contraste agréable avec les visites déjà effectuées auparavant.
On commence alors à comprendre la destination à une échelle plus large.

Voyager avec une autre personne change aussi l’expérience
Il n’est même pas nécessaire de modifier entièrement l’itinéraire pour vivre un voyage différent.
Retourner dans une destination avec ses enfants après l’avoir découverte à deux, partir avec des amis ou simplement voyager avec une personne qui ne connaît pas encore l’endroit change naturellement les priorités.
On ne sélectionne plus les mêmes restaurants ni forcément les mêmes activités.
Certains lieux connus prennent également une autre dimension lorsqu’on les fait découvrir à quelqu’un.
Il peut même être agréable de retourner dans quelques incontournables.
On sait à quoi s’attendre et l’on profite davantage de la réaction de la personne qui les découvre pour la première fois.
Une meilleure connaissance simplifie toute la logistique
La deuxième visite présente un avantage très concret : une partie de la destination est déjà familière.
On sait comment fonctionne le métro, si la voiture est réellement utile ou dans quel secteur chercher son hébergement.
Ces informations réduisent fortement le temps nécessaire à la préparation.
Le premier jour est également plus simple.
Il n’y a plus cette phase pendant laquelle il faut comprendre l’organisation générale de la ville ou de la région. Quelques repères reviennent rapidement et l’on peut commencer à profiter presque immédiatement.
Cette familiarité permet aussi d’être plus spontané.
Lorsqu’on connaît déjà les principales distances et le fonctionnement des transports, modifier le programme au dernier moment paraît beaucoup plus facile.
Corriger ce que l’on aurait fait différemment
Chaque voyage laisse quelques regrets.
Un hébergement était trop éloigné, une étape trop courte ou une journée beaucoup trop chargée.
Sur le moment, ces choix font simplement partie de l’expérience.
Lors d’un second voyage, ils deviennent des informations extrêmement utiles.
On sait déjà qu’un village mérite une nuit supplémentaire ou qu’une région n’a pas besoin d’autant de temps que prévu.
Cette connaissance permet de construire un itinéraire beaucoup plus personnel.
On ne suit plus seulement les recommandations trouvées avant le départ.
On s’appuie sur sa propre expérience.
Prendre davantage de temps pour les choses simples
Le principal changement est probablement celui-ci.
Lorsqu’on connaît déjà une destination, il devient plus facile d’y passer du temps sans avoir constamment besoin de faire quelque chose.
Une matinée dans un café, une longue balade ou plusieurs heures sur une plage ne semblent plus empiéter sur une liste d’incontournables.
On profite davantage du lieu lui-même.
C’est assez proche de ce que l’on ressent lors des voyages longs : après plusieurs jours, on cesse progressivement de parcourir la destination comme une succession d’attractions.
Quelques habitudes apparaissent.
On retourne acheter son petit déjeuner au même endroit ou on reprend une rue que l’on apprécie simplement parce qu’elle est agréable.
Une destination n’est jamais réellement terminée
Le nombre de pays visités ou de villes découvertes constitue un moyen amusant de raconter ses voyages, mais il ne dit finalement pas grand-chose sur l’expérience vécue.
Il existe des destinations où une seule visite nous suffit.
Et d’autres où nous pourrions facilement revenir plusieurs fois.
Une ville évolue, nos envies changent et la saison transforme les paysages. Nous-mêmes ne voyageons pas de la même manière à dix ans d’intervalle.
Revenir n’est donc pas nécessairement refaire un ancien voyage.
C’est parfois exactement l’inverse.
La première visite sert à découvrir les lieux que l’on voulait absolument voir. La suivante laisse davantage de place aux détours, aux habitudes et aux endroits dont on ignorait encore l’existence.
Et lorsque l’on repart sans avoir ressenti une seule fois le besoin de « rentabiliser » chaque journée, le deuxième voyage peut finalement être encore meilleur que le premier.
